26/11/2009
Sondages : L’Elysée pourra continuer de manipuler l’opinion sans être (trop) inquiété…
Le président de l'Assemblée a annoncé aujourd’hui le rejet définitif de la demande socialiste de création d'une commission d'enquête parlementaire sur les sondages payés par l'Elysée. Après l’avis négatif rendu la semaine dernière par la Commission des Lois, la décision ne faisait plus vraiment de doute. Elle soulève pourtant de violentes réactions dans nos rangs. Pourquoi est-ce si grave ?
Sur la forme, tout d’abord, le rejet de la demande de création de cette commission d’enquête est contraire au droit de contrôle de l’exécutif reconnu à l’opposition par la Constitution. Il s’agit d’une décision politique, sans aucun fondement juridique. La commission des lois a ainsi d’abord constaté que la demande réunissait l’ensemble des conditions de recevabilité définies par le règlement de l’Assemblée, avant de rendre un avis négatif en se prononçant sur la constitutionnalité ( !) de la proposition de résolution. La demande est jugée irrecevable car « mettant en cause le statut du chef de l’Etat » et « pouvant donc conduire à des situations contraires à la Constitution ». Mélange des genres qui traduit bien la fébrilité de la majorité sur le sujet et nouvelle atteinte aux droits de l’opposition…
Sur le fond, ensuite, les pratiques de la présidence en matière de commande de sondages d’opinion, révélées par la Cour des Comptes cet été, rendent plus que nécessaires les éclaircissements de l’Elysée sur le sujet. Comment y voir autre chose, en effet, qu’un système de manipulation de l’opinion (commande puis publication de sondages très ciblés et favorables au pouvoir en place) méthodiquement organisé sur la base de connivences entre la présidence, un institut de sondage et certains médias ? Le procédé est inacceptable. Le coût de ces sondages est en outre considérable : 3,28 millions d’euros en 2008 et un contrat d’un million et demi d’euros avec un cabinet d’études… prélevés sur les fonds publics pour le seul intérêt politique personnel du chef de l’Etat.
24/11/2009
EDUCATION : le total décalage des discours ministériels - L’exemple de la scolarisation des élèves en situation de handicap
Depuis des semaines, le Ministre de l’Education Nationale clame ses ambitions en matière de revalorisation du métier d’enseignant. Je tenais aujourd’hui, alors que plusieurs syndicats enseignants appelaient à la mobilisation (la première de l’année), à lui dire combien ses discours sonnent creux à l’oreille des enseignants, largement désabusés sous l’effet des dernières réformes imposées par la majorité. Je tenais aussi à lui rappeler les conséquences des suppressions de postes massives dans l’Education Nationale : remplacements non assurés, manque d’infirmiers et de médecins scolaires, disparition des réseaux d’aide aux enfants en difficultés (RASED), recul de la scolarisation des enfants de moins de 3 ans, difficultés de scolarisation des élèves handicapés, faute d’accompagnants…
Sur ce dernier sujet, le Ministre que j’ai déjà eu l’occasion d’interpeller à plusieurs reprises, se veut là encore rassurant, nous répétant que les cas d’élèves handicapés non accompagnés ne constituent que des cas isolés. Illustration de ce décalage permanent entre discours et réalité constatée sur le terrain : ces « exceptions » concernaient fin octobre, sur le département de la Loire-Atlantique, près d’un tiers des élèves handicapés pour lesquels la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH) a prescrit et notifié un accompagnement. Et la situation, particulièrement choquante, n’est pas propre à notre département…
Une nouvelle fois cet après-midi, lors de la séance des questions d’actualité, le Ministre s’est dérobé en se retranchant derrière les objectifs affichés (évidemment volontaristes) et les chiffres d’élèves handicapés scolarisés (évidemment en augmentation) autour desquels le Ministère entretient une confusion prodigieuse et inacceptable. Les enseignants ne sont pas dupes, les parents de ces élèves handicapés non plus, qui commencent à se réunir en collectifs pour dénoncer cette situation… Une seule conclusion : l’éducation n’est toujours pas une priorité de ce gouvernement !
Téléchargez ici le compte-rendu de mon intervention et de la réponse du Ministre
Téléchargez ici mes précédentes interventions en séance des questions d'actualité
Publié dans Education, Handicap | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : suppressions de postes dans l'education nationale, suppression des rased, scolarisation des élèves handicapés |
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